Guerre au Moyen-Orient
Pour éviter aussi une crise économique mondiale,
il faut un cessez-le-feu immédiat

Avec le bombardement du site gazier iranien South Pars par Israël le mercredi 18 mars et la riposte iranienne ciblant les infrastructures gazières de Qatar, puis avec la menace du bombardement des installations énergétiques, la « guerre choisie » des États-Unis d’Amérique et d’Israël contre l’Iran entre dans une nouvelle phase, avec le danger de plus d’insécurité et de perturbations dans la région et au-delà. Même si pour l’instant Donald Trump dit avoir décidé d’un report de cinq jours, le risque demeure énorme et les frappes continuent.     

Les dégâts humains, écologiques et matériels déjà lourds de trois semaines de guerre risquent donc d’être alourdis par les conséquences économiques graves auxquelles ne pourra échapper aucune région du monde. Et cela d’autant plus que l’agressivité économique et militaire avec laquelle Donald Trump s’emploie à fracturer le monde répond à une profonde crise systémique du capitalisme mondialisé et financiarisé.     

Cette guerre a débuté le 28 février 2026, en pleine négociations entre l’Iran et les États-Unis d’Amérique. Violant le droit International, les forces américaines et israéliennes ont frappé l’Iran, et cela alors même que la partie iranienne avait accepté des concessions inattendues et que selon l’intermédiaire des négociations, le ministre des Affaires Etrangères d’Oman, celles-ci avaient permis « des progrès substantiels, importants et sans précédent ».

Depuis, nous assistons à une escalade inquiétante entraînant des dégâts humains, écologiques et matériels importants dans la région, particulièrement en Iran et au Liban : des milliers de civils, parmi lesquels des centaines d’enfants, sont tués ou blessés ; des dizaines d’écoles et d’hôpitaux, de même que des milliers de bâtiments civiles et d’habitation et des quartiers entiers sont détruits ; des millions de personnes sont déplacées…

Les autres régions du monde sont aussi directement concernées. Ainsi, en Europe et en France, la population et particulièrement les travailleurs connaissent déjà une perte de pouvoir d’achat à cause notamment de la hausse des prix liés au renchérissement du coût de l’énergie et de la spéculation. Ils risquent aussi de souffrir de perte d’emplois à cause de la baisse des débouchés et des investissements. La mobilisation des ressources financières à des fins militaires, soi-disant pour mieux protéger les citoyens, empirera la situation.

Un cessez-le-feu immédiat est donc indispensable :

  • pour éviter d’alourdir les dégâts humains, écologiques et matériels de cette « guerre choisie » par Israël et les États-Unis d’Amérique ;
  • pour éviter que les citoyens et particulièrement les travailleurs paient pour les ambitions expansionnistes de la puissance américaine et d’Israël ;
  • pour orienter les milliards de dollars actuellement gaspillés dans la guerre, vers la satisfaction des besoins sociaux, économiques et environnementaux ;
  • pour remettre à l’ordre du jour la construction d’un nouvel ordre économique international de coopération et de paix ;
  • pour éviter que cette guerre ne serve de prétexte au régime iranien pour poursuivre ses pratiques antidémocratiques.

Instaurer un « moratoire sur les infrastructures civiles, et notamment énergétiques », comme le propose le président français Emmanuel Macron, n’est pas à la hauteur des enjeux.

Historiquement, la France soutient, particulièrement au sein des institutions internationales, le respect du droit international. Elle se doit de poursuivre cette tradition et prendre des initiatives à tous les niveaux – notamment à l’ONU et au Conseil européen-, pour exiger le respect du droit international et proposer un cessez-le-feu immédiat.

C’est le meilleur moyen d’assurer la paix et la sécurité dans le monde et d’éviter une nouvelle crise économique.

C’est aussi le meilleur moyen de soutenir le peuple iranien dans son combat historique pour la démocratie et la justice sociale.


Bachet Daniel Professeur émérite, Université de Paris Evry-Saclay

Cailletaud Marie-Claire Conseillère honoraire CESE

Chanu Pierre-Yves, économiste, syndicaliste

Cohen-Solal Marc

Dimicoli Yves Économiste, ancien membre du Conseil d’Analyse économique auprès du Premier Ministre

Dona Manu Militante CGT Douanes

Durand Denis Économiste, Directeur de la revue Économie et Politique, ancien membre du CESE

Garcia Benoît Secrétaire Général de la Fédération Cft des Finances, Vice-Président du CESE

Gaveau Jean-Michel Militant Pcf syndical et associatif

Geng Françoise Conseillère honoraire CESE

Kissous Robert Économiste, Président de Rencontres Marx Languedoc

Lafaurie Anne

Le Duigou Jean-Chistophe Économiste, ancien Secrétaire de la Cgt, ancien membre du Conseil d’Etat

Lefebvre-Haussmann Valérie Syndicaliste

Lejeune Sylviane Enseignante, Conseillère honoraire CESE

Mansouri Guilani Nasser Économiste, Membre-honoraire du CESE

Mathieu Clotilde Économiste, Secrétaire de Section PCF, Nantes

Maury Fabien Économiste

Mills Catherine Économiste, Maître de Conférence Honoraire, Université de Paris-La Sorbonne

Morin Alain  Économiste

Odent Bruno Journaliste

Pruvost Fabrice Chargé de mission

Roux Jean-Marie, économiste, syndicaliste

Silvera Rachel Économiste féministe

Téjas Patricia Co-Secrétaire Générale, UFR, CGT Finances

Weber Louis Éditeur

Wicke Michaël Militant CGT

Laisser un commentaire